François de Jaucourt

Biographie d'un ancien ministre des Affaires Etrangères et de la Marine, proche de Germaine Necker et de Talleyrand. Né en 1757, mort en 1852, il relie Louis XV à Napoléon III.

10 février 2005

Quelques repères chronologiques

Biographie synthétique

 

Le Marquis Arnail-François de  Jaucourt, né à Paris en 1757, mort à Presles en Brie en 1852, fut conseiller général du canton de Tournan de 1816 à 1836 et Président du Conseil général de Seine-et-Marne en 1817.

Au cours d’une longue vie, riche en épisodes, il fut Ministre des Affaires Etrangères par intérim et ce à quoi, ses attaches briardes ne le prédestinait pas, Ministre de la Marine de Louis XVIII pendant trois mois.

Il servit successivement la Royauté, la Monarchie constitutionnelle, le Consulat, l’Empire et la Restauration. Il mourut âgé de quatre-vingt-quatorze ans après avoir approuvé publiquement le coup d’Etat de Louis-Napoléon Bonaparte.

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Arnail-François de Jaucourt est né le 14 novembre 1757 fils de Louis-Pierre de Jaucourt, baron d’Huban, comte de Jaucourt, maître de camp des Gendarmes écossais et de Elisabeth-Sophie Gilly. De famille protestante il est baptisé selon la religion catholique par le curé de Tournan en Brie. Son oncle paternel est le Chevalier de Jaucourt, l’un des rédacteurs de l’Encyclopédie avec Diderot.

Il embrasse à seize ans la carrière militaire comme sous-lieutenant au régiment de Languedoc-Dragons il commande le régiment de Condé-Dragons lorsque éclate la Révolution. Son dossier militaire est conservé aux archives militaires dans le Château de Vincennes.

 

Membre de la Société des Feuillants et du Grand Orient, il prend partie pour la Monarchie constitutionnelle et est nommé en 1790, Président du département de Seine-et-Marne.

En 1791, il est élu membre de l’Assemblée législative pour le département de Seine-et-Marne. Il s’oppose aux lois contre l’émigration et est l’un des sept membres qui  s’oppose à la déclaration de guerre contre l’Autriche. Il  affronte les Sociétés Populaires en juin 1792 et est arrêté après les événements du 10 août. Les démarches de son amie, Madame de Stäel, née Germaine Necker, lui permirent d’échapper aux massacres de septembre. Il émigre ensuite en Angleterre où il rejoint sa future femme, puis en Suisse et en Allemagne.

 

Il rentre en France, après le coup d’Etat du 18 Brumaire et se met au service de la famille Bonaparte. Nommé Membre du Tribunat, le 4 Nivôse an VIII, il défend avec Lucien Bonaparte le Concordat devant le Corps législatif en 1801.

En 1802, il est Président du Tribunat.

En 1803, le collège électoral de la Nièvre l’élit sénateur.

En 1804, il est nommé Premier Chambellan de la maison du Prince Impérial Joseph Bonaparte puis fait successivement à quelques mois d’intervalle chevalier et commandeur de la Légion d’Honneur.

Le 26 avril 1808 il est fait Comte d’Empire.

 

Son attachement au régime impérial se tempère à partir de 1810. Le Sénat le propose comme candidat à la sénatorerie de Florence mais l’Empereur lui préfère le général Ferino.

Il reste sénateur et vote en 1814 la déchéance de l’Empereur.

Ses relations avec Talleyrand le conduisent à être membre du gouvernement provisoire.

Louis XVIII le nomme Ministre d’Etat le 13 mai et Pair de France le 4 juin.

Il assure l’intérim du Ministère des Affaires Etrangères pendant que Talleyrand représente la France au Congrès de Vienne.

Pendant les Cent jours, il est mis hors la loi par Napoléon qui le désigne parmi les exceptions à l’amnistie générale.

 

Il rentre en France avec Louis XVIII qui le nomme Ministre de la Marine le 9 juillet 1815.

Trois mois plus tard, il est remplacé par le Vicomte Dubouchage.

Il devient membre du Conseil privé et Grand Croix de la Légion d’Honneur.

Protestant, il se consacre à la défense de la religion réformée au sein de la Société biblique protestante de Paris.

En 1830 il se rallie à Louis-Philippe et siège jusqu’en 1848 dans la Chambre haute.

 

Puis il se retire dans sa propriété de Presles, approuve publiquement le coup d’Etat de Louis-Napoléon Bonaparte et meurt le 5 février 1852.

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