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24 janvier 2005

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Le 20 nivôse an 7 de la République (9 janvier 1799) a été célébré à la section du 2ème arrondissement de la commune de Paris le mariage de Arnail François Jaucourt, né à Paris, domicilié rue de Provence et Marie Charlotte Louise Perrette Bontemps, âgée de 37 ans.

Les époux, en présence de quatre témoins majeurs non cités, ont déclaré à haute voix se prendre en mariage et ont reconnu comme leur appartenant l’enfant Suzanne Calixte née le 8 brumaire de la même année ( 29 octobre 1798) dont la naissance a été déclarée sur le même arrondissement.

 

L’épouse n’est autre que la comtesse de la Châtre dont le portrait avait été peint, dix années auparavant, par Elisabeth Louise Vigée Le Brun.

 

Marie Charlotte Louise Perrette Aglae de La Châtre(1762-1848) était la fille aînée du premier valet de chambre de Louis XV, Bontemps et de son épouse , née  Teyssier, fille d’un associé du banquier Samuel Bernard.

En 1778, grâce au mari de sa tante paternelle, le banquier royal Nicolas Beaujon qui  lui avait octroyé une dote considérable, elle épousa Claude Louis,  comte de La Châtre (1754-1824) de dix-sept ans son aîné, représentant de la plus haute aristocratie, et décrit de manière peu flatteuse par ses contemporains comme un être borné et grossier.

 

François de Jaucourt eut l’occasion de la rencontrer, il en tomba immédiatement et  follement amoureux. Des épisodes romantiques et rocambolesques sont alors évoqués. Plus tard, Balzac dans une de ses nouvelles : La sarrasine, citera le nom de Jaucourt et son courage physique face à la douleur ressentie dans une situation délicate. Surpris dans la chambre de sa future femme, pour ne pas compromettre sa réputation, il se fit écraser deux doigts dans le chambranle d’une porte, sans émettre le moindre cri.

Inexpériente de l'amour et docile au discours, une jeune fille peut se laisser séduire ; mais pour ces sortes de femmes, un homme doit savoir, comme M. de Jaucourt, ne pas crier quand, en se cachant au fond d'un cabinet, la femme de chambre lui brise deux doigts dans la jointure d'une porte. Aimer ces puissantes sirènes, n'est-ce pas jouer sa vie ? Et voilà pourquoi peut-être les aimons-nous si passionnément ! Telle était la comtesse de Lanty.

 

 

En 1789, le Comte de La Châtre fit partie de la majorité ultra-conservatrice de la noblesse. Son épouse partageait les opinions plus progressives de son amoureux Arnail François de Jaucourt. Elle fréquentait avec lui l’aile la plus libérale de la noblesse et plus particulièrement le cercle de Mme de Stael.

 

François de Jaucourt et son amie sont souvent évoqués dans la correspondance de Mme de Stael et dans des journaux intimes de leurs contemporains.

 

Posté par deslilas à 14:13 - Commentaires [0] - Permalien [#]


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