François de Jaucourt

Biographie d'un ancien ministre des Affaires Etrangères et de la Marine, proche de Germaine Necker et de Talleyrand. Né en 1757, mort en 1852, il relie Louis XV à Napoléon III.

28 avril 2009

Portrait de François de Jaucourt

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26 février 2008

François de Jaucourt au Père Lachaise

Le blog de l'Association des Amis et Passionnés du Père Lachaise a publié un article sur François de Jaucourt en donnant l'emplacement de sa sépulture : 8ème divisio, (4ème ligne, AA, 22).

www.appl-lachaise.net

Révolution - Empire - Restauration - Seconde république

JAUCOURT François Arnail Marquis de (1757-1852)

8eme division (4eme ligne, AA, 22)

mardi 30 octobre 2007.

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Colonel au 2e régiment de Condé-Dragons

François Arnail, marquis de Jaucourt voit le jour à Paris, le 14 novembre 1757.Cet officier a commencé sa carrière sous l’ancien régime.

De souche protestante, protégé de Louis Joseph de Bourbon-Condé, engagé dans l’armée à l’âge de quinze ans, François Arnail de Jaucourt est colonel du régiment de Condé-dragons quand commence la Révolution.

Comme beaucoup de jeunes nobles, il est favorable aux idées nouvelles,et devient membre du Club des Feuillants, président de l’administration départementale de Seine-et-Marne, il est élu député à l’ Assemblée législative par ce département. membre du Comité de guerre, il est hostile à la déclaration de guerre et aux excès de la Révolution. Il démissionne de ses fonctions de député le 30 juillet 1792, est arrêté sur ordre de la Commune de Paris.

Madame de Staël lui sauve la vie en arrachant sa libération à Pierre Louis Manuel à la veille des Massacres de septembre (1792). François Arnail de Jaucourt quitte alors la France en compagnie de Charles Maurice de Talleyrand-Périgord, revient après la mort du roi (21 janvier 1793), mais doit se réfugier en Suisse pour échapper aux poursuites.

Il revient en France après le Coup d’État du 18 brumaire an VIII (9 novembre 1799),il est nommé membre du Tribunat, puis du Sénat,et enfin officier de la maison de Joseph Bonaparte qu’il suit à Naples.

A la chute de l’Empire, François Arnail de Jaucourt fait partie du gouvernement provisoire. Louis XVIII de France le nomme ministre et lieutenant général.Il devient pendant quelques mois ministre de la Marine à la Seconde Restauration, il entre alors au Conseil privé.

Aprés les Trois Glorieuses, défenseur actif des intérêts protestants, il se rallie à Louis-Philippe Ier et à Louis-Napoléon Bonaparte après le coup d’État du 2 décembre 1851.

François Arnail de Jaucourt meurt à Presles (Seine-et-Marne), le 5 février 1852. Il repose dans la 8eme division dans la même sépulture que Pierre Louis comte de Jaucourt (1727-1813, général de l’Empire.

Sources : Histoire et dictionnaire de la Révolution française 1789-1799 de Jean Tulard, Jean-François Fayard, Alfred Fierro

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31 juillet 2007

Mathieu de Montmorency, ami de François et Immortel

http://www.academie-francaise.fr/immortels/base/academiciens/fiche.asp?param=351

Mathieu de MONTMORENCY (1767-1826)

Élu en 1825 au fauteuil 37



Prédécesseur : Félix-Julien-Jean BIGOT de PRÉAMENEU
Successeur : Alexandre GUIRAUD

Œuvres
Discours et travaux académiques

Homme politique, diplomate
Biographie

Né à Paris, le 10 juillet 1767.
Partisan des philosophes, il fit la guerre de l'Indépendance américaine et fut maréchal de camp. Député de la noblesse aux États généraux, il se réunit au Tiers état, puis il émigra en Suisse chez Mme de Staël, rentra en France à la chute de Robespierre, fut arrêté puis relâché. Il fut pair de France, ministre des Affaires étrangères en 1821, ministre d’État, membre du Conseil privé ; ambassadeur au congrès de Vérone ; il fut l'ami de Louis XVIII, de Mme de Staël et de Mme Récamier.
Élu membre de l'Académie le 3 novembre 1825 en remplacement du comte Bigot de Préameneu, il n'avait d'autres titres littéraires que d'être le gouverneur du duc de Bordeaux et les discours parlementaires qu'il avait prononcés. Il fut reçu par le comte Pierre Daru le 9 février 1826. Il mourut six semaines après. Sur le conseil de Mme Récamier il voulut céder son traitement d'académicien à Mme Desbordes-Valmore qui le refusa : Mme Récamier lui fit donner une pension par le roi.
Mort le 24 mars 1826.

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Charles Defodon

Montmorency (Mathieu de)

Table des matières

Matthieu de Montmorency-Laval, né à Paris le 10 juillet 1766, mort dans la même ville le 24 mars 1826, est surtout connu comme philanthrope. Dès les premiers temps de la Restauration, Matthieu de Montmorency figura parmi les fondateurs de la Société des bonnes lettrés et de la Société des bonnes études ; nous le voyons aussi, bien que nouvellement converti à des principes de royalisme que sa jeunesse n'eût pas fait prévoir, patronner de son nom les débuts de la Société pour l'instruction élémentaire. Il en devint le président honoraire en 1818, et, dans un discours prononcé le 22 février de cette année à l'assemblée générale de cette Société, il témoignait hautement du succès de ses efforts et de la pureté de ses intentions.

Il existe de Matthieu de Montmorency un rapport fort intéressant adressé, le 26 juin 1816, à la Société pour l'instruction élémentaire, sur l'institution des cours d'adultes, à peu près inconnue à cette époque dans notre pays. L'occasion de ce rapport fut une communication d'une Société anglaise pour l'instruction des adultes, Adult Institution, qui s'était établie en 1814 à Maidenhead, près de Londres. Chargé de faire connaître à ses collègues les services rendus par cette Société, Matthieu de Montmorency en trace l'historique et en décrit le fonctionnement ; puis, dans ses conclusions, il indique, sous la forme de questions à résoudre, ce qu'on pourrait appeler la pédagogie générale des cours d'adultes.

Ce rapport, qui doit faire date dans l'histoire de l'enseignement primaire français, préluda, comme l'a dit De Gérando, à la création des écoles d'adultes, qui s'ouvrirent à Paris en 1820 et en 1821 sur l'initiative du comte Chabrol de Volvic, préfet de la Seine et, lui aussi, l'un des premiers présidents honoraires de la Société.

Nous reproduisons la dernière page du rapport de Matthieu de Montmorency :

« Première question. — Où les écoles pour les adultes seront-elles établies?

« Ce pourrait être dans nos écoles (les écoles mutuelles), qui sont toujours libres avant la nuit, et aux heures mêmes dont peuvent disposer ceux qui consacrent au travail le reste de la journée. On trouve dans beaucoup de nos campagnes comme le germe de pareilles institutions, surtout pendant les longues soirées de l'hiver. De grands jeunes gens, des hommes faits s'y rassemblent chez le maître d'école pour acquérir quelque instruction. Dans les villes, des hommes de quinze à trente ans, qui sont tombés sur une bien mauvaise époque pour leur éducation, seraient disposés à réparer ce vide ; il s'agit de réunir et de mettre, pour ainsi dire, en ordre, par un système régulier, tous ces éléments épars. Les maîtres de nos écoles, qui, par la nature même de leur méthode, sont moins exposés à être fatigués, pourraient, moyennant une légère indemnité, présider encore aux réunions du soir, qu'il serait peut-être suffisant de borner à deux ou trois jours de la semaine.

« Deuxième question. — Quels seraient les moyens les plus propres à appeler les adultes à ces écoles?

« Ce serait surtout la diminution des frais, qui peuvent quelquefois les effrayer et les retenir. On n'en prévoit pas d autres que les frais d'éclairage, et cette légère indemnité dont nous avons parlé pour les maîtres d'école. Il serait possible de présenter aux ouvriers l'appât de certificats et recommandations qui les aideraient à se placer plus avantageusement. '

« Troisième question. — Quelle méthode devrait-on employer ?

« On entrevoit naturellement quelques objections à l'application entière de celle qui convient aux enfants ; mais on pourrait en conserver le principe essentiel et si fécond de l'enseignement mutuel et la marche simultanée de la lecture, de l'écriture et de l'emploi des ardoises, sauf à faire ensuite quelques heureux emprunts aux autres méthodes dont l'expérience a consacré les succès, comme celle de M. l'abbé Gaultier. »

Pour citer cet article

Charles Defodon. «Montmorency (Mathieu de)». dicoFB,
document.php?id=3224

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23 juillet 2007

Une notice sur François de Jaucourt

François-Arnail, marquis de Jaucourt, (1757-1852)
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Un haut dignitaire, franc maçon et mécène

La famille des Jaucourt descend par les femmes de Duplessis-Mornay. Ses membres n'ayant pas tous émigré, ceux qui sont restés se sont convertis au catholicisme, tout en gardant une fidélité intérieure à la Réforme. Le chevalier de Jaucourt (1704-1780), grand-oncle de François, fut avec Diderot le principal rédacteur des derniers volumes de l'Encyclopédie.

François-Arnail, né avant l'édit de tolérance, fut baptisé catholique. À la Révolution il était colonel des dragons de Condé. Député à l'Assemblée (« feuillant »), il fut l'un des défenseurs du roi. Emprisonné après le 10 août 1792, il put s'évader en Suisse grâce aux Staël. Rentré après le 18 brumaire, il devint membre du Tribunat, où il intervint en faveur du Concordat (ayant retrouvé son identité protestante). Sous l'Empire, il est sénateur, puis après avoir accompagné le roi Joseph à Naples, comte. En 1814 il vote la déchéance de Napoléon, et il est nommé membre du gouvernement provisoire. Resté fidèle à Louis XVIII pendant les Cent Jours, il est, sous la Restauration, quelques mois ministre de la Marine, et joue un rôle pacificateur pendant la Terreur Blanche. Sous Charles X, il est l'un des sept protestants Pairs de France.

Bien que peu pratiquant à l'époque, dès 1803, il est membre du consistoire de Paris. Par la suite il devint le président de la Société biblique protestante de Paris (dès la fondation de celle-ci en 1818) et celui de la Société pour l'encouragement de l'instruction primaire parmi les protestants de France créée en 1829. Il faut noter qu'il était aussi franc maçon, membre du comité directeur du Grand-Orient. « Il avait, écrit Pédézert, toutes les élégances et les souplesses d'un homme d'État, et dut à ses ancêtres de sortir croyant d'un monde incrédule ».

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L'article de Daniel LIGOU

Les protestants français et la franc-maçonnerie
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La franc-maçonnerie a permis aux huguenots français de se retrouver pendant les persécutions du XVIIIe siècle.

Au XIXe siècle, les protestants maçons jouent un rôle important en politique.


Les origines de la Franc-maçonnerie

La franc-maçonnerie « spéculative », née au XVIIIe siècle, est l'héritière de la franc-maçonnerie « opérative », celle des bâtisseurs médiévaux. Elle a ses origines en Angleterre, où elle s'organise en 1723 avec les Constitutions d'Anderson (le huguenot français Désaguliers, chassé de France à la Révocation, devenu pasteur de l'Église anglicane, contribue à les rédiger).

Parmi ses principes, figurent la croyance en Dieu et la liberté de religion.

La franc-maçonnerie est introduite en France dès 1725 par des Anglais émigrés, partisans des Stuart.

Les premières loges se multiplient, accueillant à l'origine beaucoup de membres étrangers. Elles sont ouvertes à toutes les confessions : la franc-maçonnerie fait référence à Dieu, le Grand Architecte de l'univers ; des membres du clergé y adhèrent, ainsi que des membres importants de la noblesse (le Grand Maître en est le duc de Chartres, futur Philippe Égalité).

Dès 1740, une dizaine de loges existent à Paris, une quinzaine en province.

Remonter en haut de la page Au XVIIIe siècle, forte participation protestante

La franc-maçonnerie attire de nombreux esprits éclairés, et particulièrement les protestants persécutés, qui peuvent y conserver leur identité et leurs valeurs, et se rencontrent dans un lieu de sociabilité et de réflexion. Par souci de sécurité pour cette minorité interdite, les loges françaises ne mentionnent pas sur leurs listes l'appartenance confessionnelle.

Avant l'édit de Tolérance de 1787, on constate une forte proportion de protestants dans les loges de Marseille, Bordeaux, Sedan, Strasbourg, Nantes, La Rochelle, Caen.

Dans les loges de Nîmes, les protestants sont majoritaires.

Pendant la Révolution, nombreux sont les députés protestants francs-maçons. :

  • 7 pasteurs francs-maçons (sur 16 pasteurs) à la Constituante
  • 2 pasteurs francs-maçons (sur 15 pasteurs) à la Législative
  • 7 pasteurs francs-maçons (sur 29 pasteurs) à la Convention

Citons les pasteurs Antoine Court de Gébelin, Jean-Paul Rabaut-Saint Etienne, et son frère Rabaut-Pommier, Jeanbon Saint André ; également les députés protestants francs-maçons Boissy d'Anglas, Marat.

Remonter en haut de la page Au XIXe siècle

La franc-maçonnerie a suspendu son activité pendant la Révolution. A partir du Concordat , elle reprend vigueur.

A partir de la signature des articles organiques de 1802, les protestants et les francs-maçons sont reconnus par l'État.

Sous l'Empire, on compte alors 3000 protestants maçons. Citons Benjamin Constant, Guizot dans sa jeunesse, François de Jaucourt, pair de France et membre du Consistoire de l'Église Réformée de Paris pendant toute la première moitié du siècle...

Après un léger déclin sous la Restauration et la Monarchie de Juillet, la franc-maçonnerie reprend son importance sous l'empire libéral : elle attire de nombreux protestants pour la réflexion sur les problèmes sociaux, la question de l'enseignement, plus tard le renforcement de l'Etat républicain. Citons ici Félix Pécault, Jules Steeg, Ferdinand Buisson, Eugène Réveillaud, Henry Pyt.

Le pasteur Frédéric Desmons, un des chefs de file des protestants libéraux, adhère à une loge en 1861 et, après avoir quitté le pastorat, devient Grand Maître du Grand Orient de France en 1887 ; il sera député et sénateur du Gard.

Mais à la fin du siècle, l'évolution anti-religieuse de la maçonnerie inquiète les protestants.

Remonter en haut de la page Actuellement, les zones à forte implantation protestante sont souvent plus ouvertes à la maçonnerie

On constate que les protestants demeurent sur-représentés dans la maçonnerie française ; on y trouve des pasteurs, des professeurs de théologie, des responsables d'associations protestantes ; certains courants des Églises protestantes, notamment évangéliques, lui manifestent par contre une hostilité plus ou moins vive.

Bibliographie
Livres
Protestantisme et Franc-maçonnerie : de la tolérance religieuse à la religion de la tolérance ?, Actes du Colloque de Nantes (25-26 avril 1998), Éditions maçonniques de France, Paris, 2000, 213 pages
AMIABLE Louis, La Loge des Neuf Sœurs, commentaire de Charles PORSET, rééd. EDIMAF 1989, Paris, 1897
LIGOU Daniel (dir), Dictionnaire de la Franc-maçonnerie, PUF, Paris, 2004, 1376 pages
SAUNIER Éric (dir), Encyclopédie de la Franc-maçonnerie, Le Livre de Poche, Paris, 2000, 982 pages
Notices liées
Dans cette collection
Benjamin Constant de Rebecque (1767-1830)
Félix Pécaut (1828-1898)
Ferdinand Buisson (1841-1932)
François Guizot (1787-1874)
Autres collections
Jules Steeg (1836-1898) Siècles
André Jeanbon Saint-André (1749-1813) Siècles
Antoine Court de Gébelin (1724 ou 1728-1784) Siècles
Benjamin Constant de Rebecque (1767-1830) Siècles
Eugène Réveillaud (1851-1935) Siècles
Félix Pécaut (1828-1898) Siècles
Ferdinand Buisson (1841-1932) Siècles
François Guizot (1787-1874) Siècles
François-Arnail, marquis de Jaucourt, (1757-1852) Siècles
Jean-Paul Rabaut Saint-Étienne (1743-1793) Siècles

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Le protestantisme français et la Franc-maçonnerie

Daniel LIGOU a publié un article en 2005 publié en ligne sur le Musée virtuel du protestantisme et sur le site du Suprême Conseil du Grand Orient de France.

Cet article contient plusieurs références dont celles d'une biographie de François de Jaucourt.

http://sog1.free.fr/TC0.Articles.htm

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13 février 2005

Le serment des Sans-Culottes de Tournan l'Union

A. Besoul a publié en 1891, une brochure imprimée par l'imprimerie A. Vernant de Provins intitulée : « La Brie pendant la Révolution   Tournan– l'Union    Société populaire » 

 

Il y reprend intégralement le Règlement de cette Société, alliée au Club des Jacobins, adopté dans sa séance du 3 Ventôse, an deuxième de l'ère républicaine, et propose une analyse  des séances consignées dans les procès-verbaux.

La devise de cette société était : « Vivons pour t'aimer – Mourons pour te défendre »

Ce Règlement était encore consultable dans les archives de la commune de Tournan en Brie au début des années 1980. Un agrandissement de la vignette comprenant la devise ainsi que la première page du Règlement  vous sont proposés sur ce blog ainsi qu'une transcription des articles 1 et 5.

Article premier

Les Sans-Culottes de Tournan-l'Union , réunis en Société populaire, déclarent que la Société n'oubliera jamais toute l'étendue du titre respectable de Société Populaire et Républicaine ; elle n'oubliera pas qu'elle doit respect aux Mandataires du Peuple, soumission à la Loi, amitié fraternelle à tous les Jacobins de l'univers et notamment à la Société Mère de Paris qui est la source, la Mère et le point de ralliement de toutes les Sociétés Populaires ; en conséquence, déclare qu'elle conservera son affiliation.

Article V.

Nul candidat ne sera reçu que le jour de décadi ; sa réception effectuée, il prêtera le serment suivant : «  Je jure d'obéir à la Loi, de défendre la République une et indivisible, de maintenir de tout mon pouvoir la Liberté, l'Egalité et la Fraternité, de respecter les personnes et les propriétés, d'être fidèle à la Société Populaire, en dénonçant les traîtres qui seroient à ma connaissance, et de mourir à mon poste ».

 

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Tournan 'Union Règlement de la Société Populaire

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10 février 2005

Pourquoi un député démissionne ?

 

 

Ses explications pour les citoyens au bon soin du maire de Tournan

 

 

Le mardi 29 mai 1792 une altercation oppose François de Jaucourt au député d’extrême gauche François Chabot à l’Assemblée Nationale.

Le Moniteur relate l’incident de la manière suivante :

« Chabot : Quoique M. Jaucourt vienne de me menacer de cent coups de bâton, je n’en continuerai pas moins mon opinion, car ni ses bâtons, ni ses épées ne m’effraieront jamais.

Xxx : Si M. Jaucourt a tenu les propos dont l’orateur se plaint, je demande qu’il soit envoyé avec ses deux collègues à l’Abbaye.

Jaucourt : J’ai honte de parler devant l’Assemblée Nationale d’une conversation fort ridicule, tenue confidentiellement avec M. Chabot. J’ai trop de respect pour croire qu’elle regarde comme une insulte faite à un représentant à la Nation le propos que j’ai tenu avec M. Chabot. Lorsque je lui parlais à l’oreille, je ne parlais pas à un représentant de la Nation mais à un homme comme moi.

Je ne prétends pas faire une apologie ni panégyrique de ma conduite ; mais je dois observer que M. Chabot m'ayant dit deux ou trois mots assez équivoques, je lui ai répondu que je croyais bien qu'il n'avait rien à dire contre moi au comité de surveillance ; il m'a dit que je pouvais bien me tromper, et là-dessus je lui ai répondu que..... » (On murmure.)<?xml:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" />

Reboul. : Je demande que l'ordre du jour termine enfin cette scène scandaleuse, que M. Chabot aurait bien pu nous épargner.

 Chabot. : J'aurais bien pu vous épargner cette scène ; mais en vérité j'ai cru qu'il était bien lâche de la part d'un colonel de proposer des coups de canne à un capucin. »

 

Jaucourt démissionne de l’Assemblée Nationale le 31 juillet, il y est remplacé le 7 août et arrêté puis incarcéré le 10 août 1792 à l’Abbaye.

 

Le 15 août il adresse une longue lettre au maire de La Madeleine lez Tournan , M. Arnoult, dans laquelle il exprime sa confiance dans le pouvoir exercé par le peuple souverain, il justifie sa demande de démission et réaffirme son attachement à la devise Liberté, Egalité, Fraternité.

Franc-maçon, François de Jaucourt a été membre de la Loge Saint Jean d’Ecosse du Contrat social de 1779 à 1789.(  En 1805 après l’unification du Grand Orient et de la Grande Loge Ecossaise, il est Grand Secrétaire auprès du Grand Maître Joseph Bonaparte . )

 

. « Monsieur le Maire,

il m’importerait sans doute que tous les Français rendissent justice à la pureté de ma conduite et de mes intentions comme député. Mais rendu à la solitude et à la vie  privée d’un simple citoyen, c’est dans le lieu où je dois passer le reste de ma vie, c’est parmi mes concitoyens, mes plus proches voisins qu’il m’est important que mes actions et mes actions même soient mises au grand jour. J’avais écrit dans quelques pages, mes opinions et les motifs de ma conduite dans l’Assemblée Nationale. J’ai supprimé cet écrit : je ne veux rien qui marque l’opposition dans un moment où il importe de rallier tous les esprits. Une Convention Nationale s’approche, devenue la Souveraineté suprême du peuple il n’y aura plus de systèmes, plus de doute, plus d’ambiguïté. Ce n’est pas seulement la Constitution jurée, c’est la Constitution qu’il croira la plus utile à son bonheur que le peuple va choisir ; devant cette masse importante de volonté toutes les volontés particulières se tairont.

Ce qu’il faut que l’on sache, ce que je me hâte de vous dire c’est que je ne pouvais pas faire adopter mes idées dans l’Assemblée et voyant qu’en employant toutes mes forces à défendre la Constitution, j’étais devenu un sujet d’inquiétude pour quelques uns, que j’étais suspect au plus grand nombre, et que mon patriotisme était révoqué en doute ; ne pouvant pas changer mes opinions ni voter contre ma conscience, brûlant du désir d’être utile mais ne pouvant plus l’être : j’ai fait le seul acte de dévouement qui me fut encore possible. Ne voyant pas comme la majorité, j’ai voulu du moins n’être pas un obstacle à sa volonté et aux moyens qu’elle pouvait prendre pour sauver la chose publique : j’ai envoyé ma démission. Elle a été acceptée, de cet instant j’ai passé ma vie seul ne me mêlant plus des affaires, attendant le moment où je saurai si l’on m’emploierait dans l’armée ou s’il fallait renoncer à la liberté de vivre au milieu de vous… Les grands événements du dix sont arrivés et les recherches les plus exactes prouvent assez quand mille témoins ne l’assureraient pas que je n’y ai pris aucune part.

Ma santé devenue mauvaise par une vie tout à fait contraire à mon tempérament me fait désirer la campagne et la tranquillité ; si l’agitation de Paris laisse bientôt à chacun l’usage de la Liberté et surtout si mes concitoyens revenus de fausses préventions que l’on a cherché à répandre me voyant revenir avec bienveillance, je serais heureux d’aller me réunir à eux.

Voilà Monsieur le Maire ce que je vous prie de bien vouloir faire connaître aux habitants de Tournan. Je ne veux pas occuper de moi. Je ne prononce pas stérilement les mots Liberté, Egalité ils sont dans mon cœur. Et je serais heureux revenu à Combreux sans parler de moi, sans écrire, si une malheureuse publicité ne m’avait en quelque façon forcé à cette démarche.

Pardonnez moi l’importunité qu’elle vous cause et croyez je vous prie aux sentiment de fraternité et de reconnaissance de votre concitoyen.

 

Signé Jaucourt « 

 

 

Le 1er septembre le Procureur Manuel écrit le billet qui lui permettra de sortir de prison et d’échapper aux massacres de septembre :

« Le concierge de l’abaye (sic) laissera sortir le citoyen Jaucourt avec le citoyen Bonneville pour assister à la levée de ses scellés ».

Les  lettresde Germaine adressées à Louis de Narbonne en témoignent.

Le 26 août elle lui écrit : « Mais ce pauvre François, combien Mme de la Châtre doit être agitée ! Elle voudra revenir. Tachez de l’en empêcher, car nous espérons qu’en conséquence d’une loi qui laisse les députés inviolables un mois après leur démission, il sera entendu et relâché. »

Jaucourt avait demandé par lettre à l’Assemblée son élargissement sur ce motif, il essuya un refus le 26 août et son arrestation fut maintenue.

Le 1er septembre : « J’ai de vos nouvelles. Jaucourt est délivré. J’ai mes passeports. Tout irait bien si vous n’aviez pas l’atrocité de me dire que vous reviendriez si je restais… »

Le 3 septembre, elle écrit cette fois à Mme de la Châtre qui se trouve à Kensigton Square à Londres :

«  Tout ce qui intéresse mon aimable amie est depuis deux jours en parfaite sûreté. Que cette pensée lui fasse supporter les nouvelles qu’elle apprendra. Je compte partir dans deux heures »

Libéré, François de Jaucourt  sollicite du Ministère de la Guerre l’autorisation d’aller soigner sa santé aux eaux.

Le 4 septembre il effectue une offrande patriotique à la section du Théatre Français : six cents livres et deux chevaux bai et alezan.

 

Le 15 septembre, Jaucourt, Mathieu de Montmorency et Talleyrand sont à Londres chez Mme de la Châtre.avec  son ami Louis de Narbonne.

Le 19 septembre elle lui écrit « Je n’écris pas à Mad. De la Châtre parce que vous êtes auprès d’elle et que je ne suis pas avec François de Jaucourt, mais sait-elle par vous combien je l’aime et à quel point il me sera doux de me réunir à elle ? »

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Quelques repères chronologiques

Biographie synthétique

 

Le Marquis Arnail-François de  Jaucourt, né à Paris en 1757, mort à Presles en Brie en 1852, fut conseiller général du canton de Tournan de 1816 à 1836 et Président du Conseil général de Seine-et-Marne en 1817.

Au cours d’une longue vie, riche en épisodes, il fut Ministre des Affaires Etrangères par intérim et ce à quoi, ses attaches briardes ne le prédestinait pas, Ministre de la Marine de Louis XVIII pendant trois mois.

Il servit successivement la Royauté, la Monarchie constitutionnelle, le Consulat, l’Empire et la Restauration. Il mourut âgé de quatre-vingt-quatorze ans après avoir approuvé publiquement le coup d’Etat de Louis-Napoléon Bonaparte.

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Arnail-François de Jaucourt est né le 14 novembre 1757 fils de Louis-Pierre de Jaucourt, baron d’Huban, comte de Jaucourt, maître de camp des Gendarmes écossais et de Elisabeth-Sophie Gilly. De famille protestante il est baptisé selon la religion catholique par le curé de Tournan en Brie. Son oncle paternel est le Chevalier de Jaucourt, l’un des rédacteurs de l’Encyclopédie avec Diderot.

Il embrasse à seize ans la carrière militaire comme sous-lieutenant au régiment de Languedoc-Dragons il commande le régiment de Condé-Dragons lorsque éclate la Révolution. Son dossier militaire est conservé aux archives militaires dans le Château de Vincennes.

 

Membre de la Société des Feuillants et du Grand Orient, il prend partie pour la Monarchie constitutionnelle et est nommé en 1790, Président du département de Seine-et-Marne.

En 1791, il est élu membre de l’Assemblée législative pour le département de Seine-et-Marne. Il s’oppose aux lois contre l’émigration et est l’un des sept membres qui  s’oppose à la déclaration de guerre contre l’Autriche. Il  affronte les Sociétés Populaires en juin 1792 et est arrêté après les événements du 10 août. Les démarches de son amie, Madame de Stäel, née Germaine Necker, lui permirent d’échapper aux massacres de septembre. Il émigre ensuite en Angleterre où il rejoint sa future femme, puis en Suisse et en Allemagne.

 

Il rentre en France, après le coup d’Etat du 18 Brumaire et se met au service de la famille Bonaparte. Nommé Membre du Tribunat, le 4 Nivôse an VIII, il défend avec Lucien Bonaparte le Concordat devant le Corps législatif en 1801.

En 1802, il est Président du Tribunat.

En 1803, le collège électoral de la Nièvre l’élit sénateur.

En 1804, il est nommé Premier Chambellan de la maison du Prince Impérial Joseph Bonaparte puis fait successivement à quelques mois d’intervalle chevalier et commandeur de la Légion d’Honneur.

Le 26 avril 1808 il est fait Comte d’Empire.

 

Son attachement au régime impérial se tempère à partir de 1810. Le Sénat le propose comme candidat à la sénatorerie de Florence mais l’Empereur lui préfère le général Ferino.

Il reste sénateur et vote en 1814 la déchéance de l’Empereur.

Ses relations avec Talleyrand le conduisent à être membre du gouvernement provisoire.

Louis XVIII le nomme Ministre d’Etat le 13 mai et Pair de France le 4 juin.

Il assure l’intérim du Ministère des Affaires Etrangères pendant que Talleyrand représente la France au Congrès de Vienne.

Pendant les Cent jours, il est mis hors la loi par Napoléon qui le désigne parmi les exceptions à l’amnistie générale.

 

Il rentre en France avec Louis XVIII qui le nomme Ministre de la Marine le 9 juillet 1815.

Trois mois plus tard, il est remplacé par le Vicomte Dubouchage.

Il devient membre du Conseil privé et Grand Croix de la Légion d’Honneur.

Protestant, il se consacre à la défense de la religion réformée au sein de la Société biblique protestante de Paris.

En 1830 il se rallie à Louis-Philippe et siège jusqu’en 1848 dans la Chambre haute.

 

Puis il se retire dans sa propriété de Presles, approuve publiquement le coup d’Etat de Louis-Napoléon Bonaparte et meurt le 5 février 1852.

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